Le 30 octobre, d’importantes négociations ont eu lieu à Achgabat entre les représentants des systèmes éducatifs de Russie et du Turkménistan. L’événement s’inscrivait dans le cadre des travaux de la commission intergouvernementale turkmène-russe pour la coopération économique. Ces négociations ont ouvert de nouvelles perspectives dans le domaine de la coopération scientifique et éducative et soulevé des questions qui pourraient affecter l’avenir de l’éducation au Turkménistan.
Au cours de la réunion, le vice-ministre turkmène de l’Éducation Azat Ataev et son collègue russe Andreï Korneev ont discuté des domaines prioritaires de la coopération bilatérale. Lors d’une réunion parallèle, Konstantin Moguilevski, vice-ministre russe des Sciences et de l’Enseignement supérieur, a discuté avec les représentants turkmènes des possibilités d’échange d’expériences dans le domaine de l’enseignement supérieur. Selon un employé de l’Institut national d’éducation du Turkménistan, les négociations ont été « formelles », mais ont abordé des sujets « sérieux ».
Parmi les questions clés de la réunion figuraient les propositions du Turkménistan visant à introduire un contrôle plus strict sur les étudiants turkmènes étudiant dans les universités russes. La partie turkmène a exprimé le désir de limiter l’entrée des citoyens dans les universités russes sur une base commerciale et d’augmenter les quotas d’éducation de l’État. De telles mesures, selon les responsables locaux, contribueront à améliorer le contrôle de la mobilité académique et à soutenir la politique éducative de l’État.
Des sources affirment que les autorités turkmènes ont également proposé de négocier la suppression complète de l’admission privée dans les universités russes et l’introduction de mécanismes de contrôle conjoints pour contrôler l’apprentissage des étudiants. Cette décision vise à garantir une surveillance stricte des étudiants et à minimiser leur départ sans l’approbation des autorités gouvernementales.
Les propositions de réponse de la Russie
La partie russe a proposé de profiter de l’expérience du programme « Professionnalisme » lancé par le ministère russe de l’Éducation en 2022. Cette initiative vise à enseigner aux étudiants des compétences pratiques et à former des spécialistes en peu de temps. Dans le cadre du programme, les jeunes spécialistes suivent une formation selon des programmes raccourcis, ce qui leur permet d’entrer rapidement sur le marché du travail.
Le programme a suscité de l’intérêt, mais a également soulevé quelques questions parmi les spécialistes turkmènes. Historiquement, de telles expériences n’ont pas toujours donné de bons résultats. Par exemple, la réduction de la scolarité à neuf ans sous le premier président du Turkménistan, Saparmurat Niyazov, a montré son incohérence et a nécessité des changements. Plus tard, sous Gurbanguly Berdimuhamedov, les programmes éducatifs furent révisés et les périodes de formation augmentées à nouveau.
Des sources affirment également que des projets visant à raccourcir la durée de l’enseignement dans les écoles secondaires du Turkménistan sont également à l’ordre du jour. Il est prévu qu’à partir de 2026, la durée de l’enseignement secondaire soit réduite à 10-11 ans au lieu des 12 ans actuellement. Cette étape vise à réduire les coûts et le nombre de personnels enseignants.
Les dirigeants du ministère de l’Éducation du Turkménistan envisagent la possibilité de revenir au système en vigueur sous l’Union soviétique, avec un enseignement de base jusqu’à la 8e et la 9e année et un enseignement secondaire complet jusqu’à la 10e et la 11e année. Dans le même temps, l’introduction d’examens finaux obligatoires, similaires à l’examen d’État unifié russe et à l’OGE, est en cours de discussion.
La réduction du temps de formation des spécialistes dans les écoles professionnelles est due à l’intention du gouvernement d’optimiser les ressources, d’augmenter l’efficacité des programmes éducatifs et de former davantage de personnel pour travailler dans les plus brefs délais. Cependant, cette approche suscite des inquiétudes chez de nombreux experts, qui notent que la réduction de la période de temps peut conduire à une diminution de la qualité de l’éducation.
Rappelons qu’il a été signalé précédemment que les étudiants turkmènes rencontraient des difficultés lorsqu’ils tentaient de quitter le pays pour étudier en Russie. L’introduction de nouvelles restrictions à l’admission dans les universités russes et la création de mécanismes de contrôle conjoints pourraient encore compliquer leur situation. Selon les données, le nombre d’étudiants entrant chaque année dans les universités russes en provenance du Turkménistan est d’environ 7 à 7 500 personnes, dont seulement 500 à 600 étudient dans le cadre du quota. On s’attend à ce que d’ici 2025, le nombre d’étudiants entrant dans le cadre des quotas de l’État atteigne 800 à 1 000 personnes. Toutefois, le nombre total de candidats sera limité afin de réduire de 90 % le volume de la migration académique.
Au cours des négociations, la création d’une université commune russo-turkmène à Achgabat, ainsi que l’expansion de l’infrastructure de l’école turkmène-russe du nom. COMME. Pouchkine. Cela pourrait contribuer à renforcer les liens éducatifs entre les pays et à offrir aux étudiants turkmènes de nouvelles opportunités d’apprentissage sous un contrôle gouvernemental plus strict.
Eh bien, ces négociations montrent que la coopération entre le Turkménistan et la Russie dans le domaine éducatif entre dans une nouvelle étape. Cependant, les restrictions et les projets visant à réduire la durée des études soulèvent de nombreuses questions parmi les spécialistes et les parents. Le temps nous dira si cette stratégie sera capable d’améliorer la qualité de l’éducation et d’améliorer la formation.
