Le Turkménistan confie la prochaine étape du développement de « Galkynysh » à la Chine : le contrat avec la CNPC soulève des questions
Le consortium d’État « Turkmengaz » a signé un nouveau contrat avec la « China National Petroleum Corporation » (CNPC) dans le cadre de la quatrième phase d’exploitation de l’un des plus grands gisements de gaz au monde — Galkynysh. L’information a été rapportée par l’agence de presse d’État TDH. Selon les termes de l’accord, la société chinoise sera chargée de la conception et de la construction « clé en main » d’installations, ainsi que de puits d’exploitation, permettant la préparation de jusqu’à 10 milliards de mètres cubes de gaz commercial par an.
Déroulement de la signature L’appel d’offres pour la mise en œuvre du projet avait été annoncé dès avril 2025 lors du Forum économique d’investissement du Turkménistan. La partie chinoise a été désignée lauréate. La décision finale de conclure le contrat a été officialisée par un décret du président du Turkménistan, Serdar Berdimuhamedov, le 20 mars 2026. Parallèlement, la partie turkmène avait annoncé la victoire de la CNPC à l’avance : dès le 2 septembre 2025, le président en avait personnellement informé le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, lors de sa visite en Chine. Juste avant la signature de l’accord, les 18 et 19 mars, Gurbanguly Berdimuhamedov s’est rendu en Chine, où il a eu des entretiens avec Xi Jinping ainsi qu’avec le patron de la CNPC, Dai Houliang. Outre le développement de Galkynysh, les parties ont discuté d’autres projets énergétiques, notamment le gazoduc TAPI, pour lequel le Turkménistan continue de rechercher des investisseurs internationaux.
Galkynysh est considéré comme l’un des plus grands gisements de gaz au monde et un actif clé de l’économie turkmène. C’est à ce gisement que sont liées les principales livraisons de gaz à l’exportation, principalement vers la Chine, qui reste le principal acheteur de combustible turkmène. Le transfert de la prochaine étape de développement à une entreprise chinoise confirme l’approfondissement de la dépendance énergétique du Turkménistan vis-à-vis de la République populaire de Chine.
Contexte : accidents et concessions possibles Le contrat a été conclu sur fond de problèmes récents sur le gisement. En 2023, au moins deux accidents se sont produits à Galkynysh, entraînant des interruptions dans les livraisons de gaz vers la Chine. Des observateurs économiques avaient suggéré précédemment que de tels incidents auraient pu renforcer la position de négociation de la partie chinoise. Des avis exprimés dans les milieux experts indiquaient que la CNPC aurait pu obtenir des conditions plus favorables en échange de la poursuite de la coopération et de sa participation aux nouvelles étapes du développement du gisement. La conclusion d’un nouveau contrat soulève à nouveau la question de la transparence de la politique énergétique du Turkménistan. Les décisions clés sont prises sans débat public, et les détails des accords restent inaccessibles à la société. Dans le même temps, la dépendance du pays à l’égard d’un partenaire stratégique unique s’intensifie. En l’absence de diversification des marchés d’exportation et des investissements, cela crée des risques à long terme pour la souveraineté économique du Turkménistan. Malgré les déclarations constantes des autorités sur une « politique multi-vectorielle », la situation réelle démontre le contraire : les actifs énergétiques clés et les projets d’infrastructure s’intègrent de plus en plus profondément dans l’orbite des intérêts de la Chine. La question de savoir dans quelle mesure de telles décisions correspondent aux intérêts nationaux du pays et de ses citoyens reste ouverte.
