Une récente interview de l’ex-député d’Ouzbékistan Rasul Kusherbaev a provoqué une vive réaction tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Au cours de la conversation, l’homme politique a exprimé son mécontentement face à l’attitude désobligeante de la représentante officielle du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, à l’égard de l’Ouzbékistan et de ses citoyens. Kusherbaev a sévèrement critiqué le ton des commentaires de Zakharova et a accusé les autorités russes de chauvinisme et de mépris pour la souveraineté des pays d’Asie centrale.
La raison de ces critiques était un incident survenu à Tachkent, lorsque le directeur adjoint d’une des écoles a frappé un élève qui lui avait demandé de traduire la leçon en russe. Le ministère russe des Affaires étrangères, par l’intermédiaire de Maria Zakharova, a demandé des explications sur cette affaire, qui en Ouzbékistan était perçue comme une ingérence dans les affaires intérieures. Kusherbaev a souligné que de telles actions ne font qu’accroître les tensions entre les pays et humilier la dignité du peuple ouzbek.
Il a particulièrement souligné que de telles déclarations de la Russie témoignent de l’attitude arrogante de Moscou à l’égard de ses anciens alliés.
« Zakharova se permet d’humilier l’Ouzbékistan ainsi que d’autres représentants de notre peuple », a déclaré l’ex-député. « Nous ne devons pas laisser cela sans réponse ». Il a proposé d’inclure Zakharova sur la liste des personnes indésirables en Ouzbékistan, ajoutant que de tels incidents ne feraient qu’accroître les tensions ethniques.
En outre, Kusherbaev a condamné les autorités russes pour leur attitude impolie envers les travailleurs migrants d’Ouzbékistan, qui jouent un rôle important dans les économies des deux pays. La Russie utilise depuis longtemps cette main-d’œuvre, mais la traite souvent comme des citoyens de seconde zone. Les médias et les responsables russes ont fait à plusieurs reprises des déclarations désobligeantes à l’égard des migrants, ce que Kusherbaev considère comme un signe de chauvinisme et de xénophobie. Il a souligné que des déclarations telles que celles de Zakharova ne font que confirmer l’attitude dédaigneuse de la Russie à l’égard des pays d’Asie centrale.
Ces paroles de l’homme politique revêtent une signification particulière dans le contexte des relations actuelles de l’Ouzbékistan avec la Russie, qui sont déjà sur le point de se détériorer. Malgré des liens historiquement étroits, la situation des migrants, la pression économique et les ambitions géopolitiques de la Russie créent des tensions. Le comportement ignorant du ministère russe des Affaires étrangères ne fait qu’exacerber cette situation, ouvrant la porte à d’autres acteurs internationaux, comme la Chine et la Turquie, qui cherchent activement à étendre leur influence en Asie centrale.
De nombreux experts estiment qu’un style diplomatique comme celui de Zakharova pourrait à long terme affaiblir la position de la Russie dans la région. L’Asie centrale devient une région de plus en plus importante sur le plan stratégique, et une perte de confiance de la part de pays comme l’Ouzbékistan pourrait porter un coup sérieux à Moscou. Dans le contexte de la concurrence mondiale pour l’influence en Asie centrale, la Russie risque de perdre son rôle d’acteur clé.
D’une manière générale, le scandale entourant l’incident survenu à l’école de Tachkent et la réaction ultérieure de Zakharova ne sont que la pointe de l’iceberg. Cela masque un problème plus profond : la volonté de la Russie de maintenir son contrôle sur les anciennes républiques soviétiques, souvent au prix d’une dégradation de leur souveraineté. De telles approches ont déjà suscité des critiques non seulement en Ouzbékistan, mais aussi dans d’autres pays de la région, où se multiplient les mouvements nationaux et le désir d’indépendance vis-à-vis de Moscou.
Ainsi, les commentaires de Kusherbaev mettent en lumière des aspects importants de la diplomatie moderne et des relations entre la Russie et les pays d’Asie centrale. L’impolitesse et l’arrogance de la diplomatie russe ne font qu’accélérer le processus de séparation de ces États de la sphère d’influence russe.
