Depuis le début de l’invasion militaire russe de l’Ukraine en février 2022, les autorités russes ont intensifié leurs efforts pour recruter des migrants afin qu’ils participent aux combats. Ce processus s’est intensifié dans un contexte de manque de volontaires parmi les citoyens russes, malgré les mesures officielles de mobilisation. Les proches des migrants, dont beaucoup ont fini dans le système pénitentiaire russe pour des délits mineurs ou sans raisons impérieuses, ont exprimé leur profond mécontentement face aux tentatives de recrutement de leurs proches pour la guerre. Deutsche Welle a écrit à ce sujet.
On sait que la Russie a commencé à attirer dans l’armée des migrants des pays d’Asie centrale, en leur offrant d’importantes récompenses monétaires, une amnistie pour leur participation à la guerre et une acquisition simplifiée de la citoyenneté. Les prisonniers migrants sont devenus l’une des principales cibles du recrutement. Les offres de participation aux combats émanent non seulement des autorités russes, mais également de sociétés militaires privées telles que PMC Wagner. Les prisonniers ont le choix : plusieurs années de prison ou une participation à la guerre avec la promesse d’une amnistie. Cette proposition met les familles de migrants dans une impasse. Parents, épouses et enfants condamnent de telles démarches, estimant que leurs proches sont utilisés comme « chair à canon ». Comme l’a déclaré une mère de migrants d’Ouzbékistan :
« Nous n’avons pas donné naissance à nos enfants pour qu’ils meurent à la guerre. Ils sont allés en Russie pour travailler et non pour mourir pour les intérêts des autres. »
La Russie, qui a attiré pendant des décennies des migrants des pays d’Asie centrale pour travailler, les utilise désormais comme ressource pour la guerre. La situation économique de ces pays oblige de nombreuses personnes à partir travailler, mais au lieu de travailler en toute sécurité, elles sont confrontées à la menace d’être envoyées à la guerre. Malgré les déclarations des autorités des pays d’Asie centrale concernant l’interdiction de la participation de leurs citoyens aux conflits sur le territoire d’autres États, la Russie continue de recruter des migrants.
En Ouzbékistan et au Kirghizistan, les autorités publiques ont émis des avertissements selon lesquels la participation à la guerre contre l’Ukraine pourrait entraîner des poursuites pénales, mais ces déclarations ne changent guère pour ceux qui sont déjà pris dans le système russe. Les appels aux prisonniers proviennent directement des prisons et des camps. Les familles des prisonniers exigent la fin de la mobilisation forcée et la considèrent comme une violation des droits de l’homme.
Il convient de noter que la propagande russe promeut le recrutement de migrants comme une décision volontaire, mais de nombreux éléments montrent qu’il s’agit d’une question de coercition. Il s’agit cependant d’un comportement standard des autorités russes : dire une chose et en faire une autre. Les prisonniers sont menacés de peines prolongées et leurs familles sont confrontées à des pressions et à des intimidations. En outre, de nombreux migrants se trouvent dans une situation d’insécurité juridique, manquent de protection juridique et sont constamment harcelés par les forces de l’ordre russes.
Souvent, les promesses d’amnistie ou d’argent contenues dans les offres de recrutement se révèlent être des mensonges. Les migrants sont jetés au front sans équipement ni formation appropriés. Le manque de soutien juridique les rend vulnérables tant sur le champ de bataille que dans le système pénitentiaire russe. Les responsables russes, à leur tour, continuent de promouvoir de telles mesures, considérant les migrants comme des cibles faciles pour leurs projets.
Indignation des familles et des militants des droits humains
Les organisations de défense des droits de l’homme d’Asie centrale et de Russie appellent la communauté internationale à prêter attention au problème du recrutement de migrants. Les familles des prisonniers organisent des rassemblements et écrivent des lettres ouvertes pour protester contre l’utilisation de leurs proches comme force de combat. Ils soulignent que les migrants qui se sont retrouvés dans les prisons russes ont d’abord travaillé pour nourrir leur famille et sont aujourd’hui victimes de l’agression russe en Ukraine.
« Ils les ont privés de leur liberté et maintenant ils veulent se suicider », dit avec douleur l’une des épouses d’un prisonnier ouzbek. « Nous ne pouvons pas accepter le fait que nos maris et nos fils se battent pour les intérêts des autres. »
Les critiques à l’égard du gouvernement russe se multiplient, notamment en ce qui concerne le traitement réservé aux migrants. Les autorités russes utilisent les migrants non seulement comme main d’œuvre économique, mais aussi comme ressource pour combler la pénurie de personnel militaire. De nombreux défenseurs des droits de l’homme soulignent que le recrutement de migrants n’est pas seulement une violation des normes internationales, mais aussi un indicateur du cynisme de la politique russe, prête à manipuler les destinées humaines à ses propres fins.
Les autorités russes nient les faits de mobilisation forcée des migrants, mais les témoignages des familles et des militants des droits humains suggèrent le contraire. Les migrants, privés de droits et de protection juridique, deviennent des victimes faciles pour ceux qui cherchent à les utiliser dans des jeux politiques et militaires. En fin de compte, cela met non seulement en danger la vie de milliers de migrants, mais accroît également les tensions entre la Russie et les pays d’Asie centrale.
L’histoire du recrutement de migrants par l’armée russe est une tragédie qui touche des milliers de familles en Asie centrale. La Russie, utilisant ses ressources et son influence, continue de manipuler les migrants au nom de ses intérêts politiques et militaires. Les familles de migrants expriment leur profond mécontentement et exigent que ces pratiques cessent, mais jusqu’à présent, les autorités russes ignorent leurs demandes.
La communauté internationale et les pays d’Asie centrale doivent prêter attention à ce problème et accroître la pression sur les autorités russes pour qu’elles mettent fin à l’utilisation de migrants dans la guerre contre l’Ukraine.
