«Neutralité en paroles et silence sur le fond» : Berdymoukhamedov s’est exprimé sur le Moyen-Orient, mais a de nouveau éludé les problèmes principaux
Les autorités du Turkménistan ont une fois de plus démontré leur modèle habituel : des déclarations retentissantes sur la scène internationale et un mépris total pour les problèmes réels à l’intérieur du pays. Cette fois-ci, l’occasion a été la première déclaration publique de Gurbanguly Berdymoukhamedov sur l’aggravation rapide de la situation au Moyen-Orient. Lors d’une visite en Autriche, le chef du Halk Maslakhaty a déclaré que le Turkménistan est « préoccupé » par ce qui se passe, qu’il est en faveur de la paix et catégoriquement opposé à l’utilisation d’armes de destruction massive. Il a également souligné l’importance de la neutralité et des méthodes diplomatiques de résolution des conflits. À première vue, une rhétorique standard et « correcte », mais derrière ces mots se cache à nouveau le vide.
Berdymoukhamedov parle de « paix » et de « diplomatie », pourtant le Turkménistan reste depuis de nombreuses années l’un des pays les plus fermés au monde, où la liberté d’expression, les médias indépendants et une réelle concurrence politique sont absents. Un pouvoir qui n’autorise pas le dialogue au sein de son propre pays peut difficilement agir en tant que participant à part entière à un dialogue international sur la paix. Achgabat officiel se retranche à nouveau derrière le statut d’« État neutre ». Mais en pratique, cette neutralité s’est depuis longtemps transformée en un outil pour fuir les responsabilités, ignorer les crises internationales et s’isoler de l’agenda mondial. Lorsqu’il s’agit de menaces réelles — qu’il s’agisse de la sécurité de la région ou de risques économiques —, le Turkménistan se limite à des phrases générales et ne propose aucune mesure concrète.
Une attention particulière dans la déclaration a été accordée à la région de la Caspienne. Berdymoukhamedov a exprimé son inquiétude face à d’éventuelles actions militaires et a rappelé la Convention de 2018. Cependant, ici aussi, la position reste déclarative : pas d’initiatives, pas d’efforts diplomatiques, pas de participation réelle à la sécurité. En fait, le Turkménistan ne fait que constater les menaces, mais n’influence pas la situation.
Contraste avec la réalité à l’intérieur du pays Sur fond de réflexions sur la sécurité internationale, à l’intérieur même du Turkménistan, l’appauvrissement économique de la population, la pénurie de produits et de biens de consommation courante, la migration de travail massive, ainsi que la pression sur les citoyens et l’absence de protection juridique se poursuivent. Tandis que les autorités parlent de menaces mondiales, leurs propres citoyens sont contraints de lutter pour leur survie élémentaire.
La déclaration de Berdymoukhamedov n’est pas la position d’un État fort, mais une énième tentative de créer une apparence d’implication, de démontrer une rhétorique internationale « correcte » et de détourner l’attention des problèmes internes. Le Turkménistan reste un pays où la politique étrangère n’est qu’une vitrine derrière laquelle se cache une crise systémique de gouvernance. Et alors que le monde est confronté à de graves défis géopolitiques, on attend des États non pas seulement des mots, mais des actes. Or, le Turkménistan sous le pouvoir actuel n’est pas prêt à l’ouverture, est incapable d’une réelle diplomatie et n’est pas intéressé par le changement. Tant que le pouvoir continue d’exister dans une réalité parallèle, le peuple du pays reste seul face à des problèmes qui s’aggravent de plus en plus. Tôt ou tard, ce décalage entre les déclarations et la réalité deviendra critique.
