La charité devant la caméra : comment on « aide » les enfants au Turkménistan pour les rapports
Un nouveau scandale éclate au Turkménistan, illustrant de manière frappante le fossé entre la rhétorique officielle des autorités et la réalité des faits. Dans le vélayat des Balkans, des cadeaux ont été solennellement remis à des enfants nécessiteux, mais seulement le temps du tournage. Après la séance photo, la nourriture et les objets ont été repris. Selon Radio Azattyk, cette action était organisée à l’occasion du cinquième anniversaire de la fondation Gurbanguly Berdymukhamedov — une structure qui s’occupe formellement d’aider les enfants privés de protection. Caméras, rapports, discours de remerciement : tout a été organisé selon le scénario classique de la « bienveillance » de façade. Mais dans les coulisses, la réalité est tout autre.
Cadeaux « en location » Des témoins rapportent : des fonctionnaires, accompagnés de représentants de la fondation, ont distribué des objets de valeur : fauteuils roulants, nourriture, produits ménagers. Tout a été filmé pour les rapports. Ensuite, les cadeaux ont été repris. Une mère a raconté qu’elle avait été forcée de signer un document de réception d’aide et de remercier les autorités devant la caméra, alors qu’elle n’avait finalement reçu ni le fauteuil ni la nourriture. Selon les habitants locaux, ces cas ne sont pas isolés. Il s’agit d’une pratique systémique.
Des sources affirment que les fonctionnaires agissent « sur ordre d’en haut ». Parallèlement, les ressources réelles de la fondation sont limitées et les fonds sont souvent collectés de force auprès des employés du secteur public. On oblige les gens à signer des documents pour une aide prétendument reçue, qui n’existe que sur le papier. Dans certains cas, les volumes d’aide dans les rapports sont considérablement gonflés. En fait, il s’agit de substituer de réelles politiques sociales par des actions mises en scène.
Sur fond de déclarations des autorités concernant la « priorité à la protection de l’enfance », le travail des enfants et la mendicité augmentent dans le pays. Les défenseurs des droits de l’homme notent une dégradation de la situation sociale, en particulier dans les régions. Pendant ce temps, les médias d’État continuent de diffuser l’image d’un « État protecteur », et la fondation liée à la famille de Serdar Berdymukhamedov est présentée comme un symbole d’humanité et de responsabilité sociale.
L’histoire des « cadeaux devant la caméra » n’est pas qu’un simple scandale local. C’est le symptôme d’un problème plus profond : au Turkménistan, l’aide sociale se transforme de plus en plus en un outil de propagande. Dans un pays dépourvu de presse indépendante et de contrôle public, de telles pratiques restent impunies. Et les besoins réels de la population restent sans réponse. Tandis que les autorités créent une belle image pour les rapports, des familles avec des enfants malades continuent de vivre sans aucun soutien élémentaire. Et le plus inquiétant — elles sont utilisées comme décors dans cette mise en scène. La question reste ouverte : combien d’autres « actions d’aide » de ce type ont lieu à travers le pays et combien d’entre elles n’existent que pour la caméra ?
