Le gouvernement russe, dirigé par Vladimir Poutine et Alexandre Bastrykine, a activement façonné l’image des migrants comme principale menace pour le pays ces dernières années. Face à des défis nationaux croissants tels que la récession économique, les inégalités sociales et l’isolement international, le Kremlin utilise une rhétorique anti-immigration pour détourner l’attention des citoyens des véritables sources des difficultés.
La base de cette politique était la criminalisation des migrants. Le chef du Comité d’enquête russe, Alexandre Bastrykine, a souligné à plusieurs reprises dans son discours la nécessité de renforcer les mesures de contrôle des migrants. Il a proposé l’enregistrement génomique obligatoire, l’enregistrement numérique de leurs lieux de résidence et de travail, ainsi que la limitation de l’enregistrement massif des migrants dans ce qu’on appelle des « appartements en caoutchouc ». De telles mesures visent clairement à créer une image des migrants comme une menace potentielle pour la sécurité nationale.
Toutes ces mesures ont déjà conduit à une augmentation des sentiments négatifs dans la société. Au lieu de résoudre les problèmes urgents, le gouvernement préfère imputer aux migrants la responsabilité de l’augmentation de la criminalité, ce qui est non seulement injuste, mais aussi extrêmement dangereux. Les autorités russes manipulent l’opinion publique, augmentant les craintes des « étrangers ». Cette stratégie permet aux forces politiques et de sécurité de démontrer leur « efficacité » dans la lutte contre une menace inexistante.
Les migrants, principalement originaires des pays d’Asie centrale, se trouvent dans la position la plus vulnérable. Leurs droits du travail sont régulièrement violés, ils sont victimes de discrimination au travail et à la maison et ils deviennent désormais les boucs émissaires de tous les maux du pays. En conséquence, les autorités russes font tout leur possible pour transformer les travailleurs migrants en un groupe socialement isolé et stigmatisé, les privant de leurs droits fondamentaux.
Dans ce contexte, il devient évident que le Kremlin utilise sa politique anti-migrants comme un moyen de maintenir son pouvoir et son contrôle sur la population, en jouant sur le patriotisme et la xénophobie.
