Récemment, les plaintes des migrants concernant les actions provocatrices des gardes-frontières russes lors du franchissement de la frontière se sont intensifiées. De nombreux migrants d’Asie centrale et d’autres régions sont confrontés à des situations désagréables dans lesquelles leurs appareils mobiles personnels sont soumis à un examen minutieux. Ceci est rapporté par de nombreux médias, dont Current Time.
Selon les migrants, les gardes-frontières russes exigent souvent que les téléphones soient déverrouillés et commencent à en examiner attentivement le contenu. Tout d’abord, ils s’intéressent aux abonnements aux pages publiques pro-ukrainiennes sur les réseaux sociaux et aux chaînes Telegram, à la correspondance personnelle et aux photographies. Par exemple, comme le notent certains avocats, les gardes-frontières recherchent les messages suspects à l’aide de mots clés et vérifient les liens avec des organisations considérées comme extrémistes ou terroristes en Russie.
De telles actions entraînent souvent de graves conséquences pour les migrants. Par exemple, un cas rapporté dans les médias a montré qu’une femme revenue en Russie avait fait un don d’argent sur le compte d’un fonds ukrainien. Cela est devenu la base pour engager une procédure pénale pour trahison. Pire encore, de nombreux migrants sont soupçonnés simplement en raison de leur nationalité ou de leur origine. Après l’attaque terroriste contre l’hôtel de ville de Crocus, la xénophobie et les agressions contre les migrants d’Asie centrale se sont intensifiées, ce qui a également affecté leur situation à la frontière et à l’intérieur du pays.
Ainsi, les migrants entrant en Russie se retrouvent souvent dans une situation difficile où leurs informations personnelles sont soumises à un contrôle minutieux, ce qui leur suscite anxiété et ressentiment. De telles actions des gardes-frontières remettent en question le respect des droits des migrants et sapent la confiance dans les autorités russes.
Rappelons que ces dernières années, l’attitude de la Russie à l’égard des migrants d’Asie centrale s’est sensiblement détériorée, ce qui suscite de vives inquiétudes parmi les organisations internationales de défense des droits de l’homme. Malgré le rôle important des migrants dans l’économie du pays, les autorités russes continuent de renforcer les mesures de contrôle et de répression contre ce groupe de population. Les sentiments xénophobes et les actes de violence contre les migrants se sont multipliés. Les défenseurs des droits de l’homme signalent de nombreux cas d’attaques perpétrées par des nationalistes d’extrême droite contre des migrants originaires d’Asie centrale, accompagnées de passages à tabac et de destructions de biens. Au lieu de condamner de telles actions, les autorités russes mènent des descentes et des contrôles auprès des migrants, notamment en provenance du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan. Par ailleurs, dans les aéroports de Moscou et à la frontière russo-kazakhe, des migrants sont arrêtés en masse sans explication. Cela inquiète les gouvernements de la région, qui sont contraints de répondre aux nombreuses plaintes de leurs citoyens.
Les migrants arrêtés lors des perquisitions se plaignent des brutalités policières. Ils sont détenus dans des conditions épouvantables, sans nourriture ni commodités de base. Ces mesures s’accompagnent souvent de pratiques de corruption lorsque les migrants sont accusés de ne pas s’enregistrer, malgré les actions des citoyens russes qui leur louent des logements sans payer d’impôts.
Parallèlement, les organisations internationales de défense des droits de l’homme, comme Human Rights Watch, ont attiré l’attention à plusieurs reprises sur la détérioration de la situation des droits des migrants en Russie. Ils appellent le gouvernement russe à mettre fin à la discrimination et à la violence contre les migrants et à prendre des mesures pour les protéger et les intégrer. Cependant, il n’y a pas encore de changement. Selon cette organisation Human Rights Watch et Amnesty International, le racisme en Russie se manifeste tant au niveau quotidien qu’au niveau institutionnel. Un rapport de Human Rights Watch de 2020 a noté que les migrants d’Asie centrale et du Caucase sont souvent victimes de discrimination et de violence. Selon une étude du Centre Levada, une partie importante de la population russe manifeste une attitude négative envers les personnes d’autres nationalités, en particulier envers les personnes originaires d’Asie centrale et du Caucase. Ces sentiments sont renforcés par les récits médiatiques et la rhétorique politique. Et d’ailleurs, dans les rues des villes russes, on entend souvent le mot offensant « churka ».
Le terme est un argot offensant et raciste utilisé en Russie pour désigner les personnes du Caucase, d’Asie centrale et d’autres régions musulmanes. Le terme est profondément péjoratif et est souvent utilisé pour exprimer le mépris et la haine. Par exemple, en Russie, il existe souvent des cas où ce terme est utilisé dans des lieux publics, sur les réseaux sociaux et même dans des documents et discours officiels. L’utilisation d’un tel langage contribue au renforcement des stéréotypes et de la haine raciale, et le fait même que des termes grossiers soient utilisés à l’égard de personnes d’une nationalité différente indique que les appels des organisations internationales sont inefficaces et que les Russes eux-mêmes sont agressifs envers les autres et êtes prêts à déclencher, au minimum, une guerre verbale avec votre voisin.
